Un homme tombé pour sa nation, cas de la micro-histoire

On apprend tous l’Histoire lors de notre parcours scolaire, certains comme moi vont même jusqu’à en faire un métier. Mais avez-vous déjà entendu parler de micro-histoire ? Savez-vous ce qui se cache derrière ce terme énigmatique ?

Son nom l’indique, c’est l’histoire qui décide de zoomer, et ce n’est pas sur un fait mais bien sur des individus que l’on va concentrer nos études. Jusqu’au 19ème siècle, voir jusqu’au 20ème, on trouvait peu d’intérêt à l’étude de l’homme et de la femme qui composent une nation, on leur préférait l’état qui les représentait ou la guerre pour laquelle ils se battaient.

Et pourtant, ce sont bien ces individus, uniques, qui forment le front. Ce sont eux qui vivent sous ce gouvernement et s’opposent à lui. Ce sont eux qui écrivent l’Histoire.

Rares sont les hommes sacrifiés du peuple qui ont été mis à l’honneur avant la Première Guerre Mondiale. C’est après cette période que le phénomène se développe.

«  Honneurs aux morts, ils ont fait notre victoire. » Clémenceau – 11 novembre 1918.

Les tombes individuelles sont désormais accessibles aux dépouilles des soldats venus du peuple : anciens paysans, bouchers, ouvriers. Il est désormais question de leur rendre hommage, à une échelle nationale. On leur attribue des diplômes post-mortem, on inscrit leurs noms sur leurs maisons, des monuments de commémoration nationale sont érigés. Ce sont près de 30 000 monuments aux morts qui sont bâtis entre 1920 et 1925 sur le territoire Français, afin que chaque commune puisse rendre l’hommage aux siens qui sont tombés au combat.

C’est ainsi que se retrouve à l’honneur un ancien cartonnier, agent SNCF mobilisé

M.E.CHARMY est décédé lors d’un bombardement de la Luftwaffe.
Alors que peu d’informations sur cet individu ainsi que sur sa participation à l’effort de guerre sont connues, le nom de M.E.CHARMY est présent sur les plaques commémoratives de deux gares françaises.
Le devoir de mémoire à l’encontre de ce héros mort pour sa nation, nous informe de l’esprit qui règne en France au court de la période d’après-guerre. La commémoration n’est plus une question de victoire, mais de souvenir.

 

M.E.CHARMY est une véritable énigme de la généalogie, et ce sont des hommes comme lui, jusqu’ici simples soldats, qui se sont constitués en tant qu’entités de la micro-histoire, en tant que véritables reflets de ce début de 20ème siècle, et en tant que porteur des nouvelles valeurs communautaires :

Commémorations et principe du héros de la Nation se tournent désormais vers les pères, les fils, les employés, et non plus les employeurs.

Un article de Marine Leclercq–Bernard

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