Un des chapitres incontournables – et bien souvent épreuve de force pour le généalogiste, se trouve être celui des conditions de détention des soldats français prisonniers au sein de l’Allemagne de la Première Guerre Mondiale.

Afin de comprendre la place des prisonniers de guerre au sein de la société française, il nous est nécessaire de comprendre et de maîtriser les mœurs de l’époque. Du côté Français, les prisonniers devenaient rebuts, soupçonnés de s’être laissés prendre ou d’avoir déserté, bien que les cas de redditions aient été infimes.                                        L’après-guerre fut notamment une période psychologiquement difficile à passer pour ces anciens prisonniers, victimes d’une certaine suspicion de la part de l’opinion publique et de nombreux chefs militaires. Dans une France meurtrie par ses pertes, les honneurs                                                                                            revenaient alors aux soldats décédés sur les champs de bataille.

Au-delà de l’imaginaire collectif forgeant l’image du prisonnier de guerre, la législation s’était vu dans l’obligation morale de définir par des textes juridiques les conditions de détention des prisonniers de guerre suite aux affrontements de 1870.
La « Convention de La Haye » du 18 novembre 1907 dont l’application se devait européenne, en avait préalablement fixé les règles.
 De manière générale, cette Convention précisait la responsabilité des gouvernements à l’égard des captifs retenus sur leur sol. Au-delà de cette déclaration de principes, elle déterminait les règles précises en ce qui concerne la capture, l’internement, l’entretien, le régime de correspondance, le travail, le service du culte, …

Où étaient conduits les prisonniers allemands ?

Les prisonniers furent dès lors parqués au sein de 320 camps, divisés en deux grandes catégories :
– Camps de prisonniers simples – au nombre de 240 camps.
– Camps de représailles – 80 camps réservés aux évadés repris ou réfractaires au travail.

Deux camps spéciaux virent cependant le jour dès 1916 :
– Un camp pour les Juifs à Alten GRABOW.
– Un camp pour les musulmans à WÜNSDORF.

Enfin, environ 100 000 chantiers de travail: appelés alors KOMMANDOS, procuraient à l’état Allemand de la main d’oeuvre afin d’exploiter les mines et travailler au sein des usines.
C’est notamment au sein de ces usines que la Convention de Haye fut transgressée, puisque les prisonniers français purent être employés dans l’industrie d’armement allemande.
Les conditions de vie pouvaient différer d’un camp à l’autre. Cependant, le prisonnier était soumis à une visite médicale.

Quelles sources disponibles ?

– Le retour des prisonniers :

Le site web ‘‘ Prisonnier de la Première Guerre Mondiale  »:                comptabilise 5 millions de fiches détaillés sur le sujet. A l’aide du nom de famille, le moteur de recherches mis à disposition sur ce site web permet de collecter les fiches disponibles pour l’ensemble des pays ayant connu des prisonniers de guerre entre 1914-1918.
Les numérisations présentes en ligne sont complètes, et permettent une recherche sans déplacement. Seuls les index disponibles en ligne peuvent se
montrer lacunaires.

Suite à l’Armistice, les autorités allemandes organisèrent, sous la pression alliée, le rapatriement des troupes françaises. Chacun d’entre eux dû passer par des centres de rapatriement coordonnant alors les opérations administratives et sanitaires, qui les identifiaient et les classaient afin de s’assurer de leur retour. Cette opération prit fin en février 1919 avec le dernier rapatriement.

Soldats décédés ou disparus à l’issue de la guerre, une  » Mission chargée de l’Etat-Civil et des recherches relatives aux disparus » eut pour tâche le recensement des prisonniers de guerre décédés en captivité ainsi que l’exhumation des corps.
Lorsque les opérations de rapatriement des corps furent terminées, les dépouilles des soldats qui n’avaient pas été restituées à leurs familles furent inhumées au sein du cimetière national de SERREBOURG – MOSELLE, créé en cette fin en 1926. D’une superficie de 5,6 hectares, il abrite 13 265 tombes individuelles et deux ossuaires.

D’autres prisonniers de guerre se trouvent inhumés dans les cimetières nationaux de COLMAR, STRASBOURG-CRONENBOURG, WISSEMBOURG, HAGUENAU, METZ-CHAMBIERES et THIONVILLE.
Plusieurs cimetières communaux ont également recueilli des prisonniers décédés en captivité, dont ceux d’EFFRY   et de SEDAN.                                                                                                                                                                                             Il reste un peu plus de 500 prisonniers enterrés en ALLEMAGNE, quelques-uns en SUISSE, ainsi que 1333 corps dans un monument-ossuaire à POZNAN (POSEN) en POLOGNE.

– Fusillés :

La rubrique  » Fusillés de la Première Guerre Mondiale » est une base de données des militaires et civils fusillés suite à une décision de la justice militaire ou exécutés sommairement durant la Première Guerre Mondiale.                             A noter cependant que l’ensemble des fusillés au cours de cette période historique ne sont pour cause de destruction fortuite des archives au cours du temps, tous disponibles à consultation. Il est nécessaire de consulter la fiche matricule de l’ancêtre recherché avant de prendre connaissance de la cause du décès.
Cette rubrique en ligne comporte 1009 fiches de fusillés, suite à désobéissance militaire, espionnage et droit commun au sein des armées françaises.

Aléatoirement, mentions étaient des fusillades effectuées au sein des Journaux de Marches et Opérations. Il vous sera nécessaire de connaître le bataillon de l’ancêtre concerné, ainsi que la date du décès, afin d’effectuer cette recherche sur le site Mémoires des Hommes, rubrique des Journaux de Marches et Opérations.
Les Archives de VINCENNES, sous-série 26 N, dispose de 18 000 journaux côtés de 26 N 1 à 570 (JMO des Grandes Unités) et 26 N 571 à 1370 (JMO des Régiments et Bataillons).

– Morts pour la France :

La rubrique dédiée aux Livres d’Or présente sur le site d’archives Mémoire des Hommes, contient l’ensemble des archives à la disposition du Ministère de la Défense, ainsi que les documents à disposition au sein des locaux du Service Historique de la Défense – SHD.
Munis des noms, prénoms, de la date et du lieu de naissance, la recherche s’effectue aisément avec pour résultat une fiche claire et facilement enregistrable.

– Quelles décorations rechercher ?

Héros, Morts pour la France : Les prisonniers de guerre ne furent officiellement reconnus comme Héros de Guerre qu’après le 22 janvier 1922, grâce à une mention           » Mort pour la France » qui leur est alors dédiée.

Les survivants : En juillet, la médaille interalliée fut attribuée à tous ceux qui étaient revenus des camps.

Évadés :  En 1926, le Parlement créa une médaille spéciale pour les évadés ainsi que les anciens otages et internés, victimes des violences allemandes.

Légion d’honneur : En ligne et muni du nom, du lieu de naissance, la base LEONORE disponible sur le site web des Archives Nationales fournie un résultat par liste alphabétique ou par département. Le fond en ligne n’est cependant pas complet.

Aux Archives Nationales : il est possible de consulter l’ensemble des dossiers nominatifs de 1784 à 1954 aux côtés LH/1 à 3376. Afin de préparer au mieux son déplacement sur le site des Archives Nationales de Paris, un descriptif des documents consultables en 2009 est mis à disposition en ligne par les Archives Nationales.

Sources :

– CICR,  » Ratification de la Convention de la Haye – RAPPORT des délégués du Gouvernement Espagnol sur leurs visites dans les camps de PRISONNIERS FRANÇAIS EN ALLEMAGNE, 1914-1917  » (PA), Hachette, PARIS, 1918

Sitographie :

–  » Base de données LEONORE », Archives Nationales, –http://www2.culture.gouv.fr/documentation/leonore/recherche.htm, consulté le 16 avril 2018 à 09h23.

–  » Grande chancellerie de la Légion d’honneur (1784-1954) Répertoire numérique des articles LH/1 à 3376 », Archives Nationales de Paris, http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/chan/fonds/edi/sm/LH_rep_num-1.pdf, consulté le 16 avril 2018 à 09h30.

–  » Fusillés de la Première Guerre mondiale « , Mémoire des Hommes, http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=211&titre=fusilles-de-la-premiere-guerre-mondiale, consulté le 16 avril 2018 à 08h38.

–  » Journaux des marches et opérations  », Mémoire des Homme, http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=2&titre=journaux-des-unites-engagees-dans-la-premiere-guerre-mondiale, consulté le 16 avril 2018 à 08h55.

–  » Morts pour la France  », Mémoire des Hommes, http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=24&titre=morts-pour-la-france-de-la-premiere-guerre-mondiale, consulté le 16 avril 2018 à 08h58.

–  » Prisonniers de la Première Guerre mondiale  », CICR, https://grandeguerre.icrc.org/fr, consulté le 16 avril 2018   à 08h33.

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