Marie JELEN, destin tragique d’une enfant

Contexte historique

La Rafle du Vel’d’Hiv débutait le 16 juillet 1942. Cette rafle se devait de répondre au projet entrepris et réalisé par le gouvernement nazis, alors ici dépositaire de l’autorité sur le gouvernent de Vichy, de l’extermination Juive en Europe. Sont alors arrêtés plus de treize mille Juifs parisiens de 2 à 60 ans. Pour cette rafle, sont mobilisés à Paris 7.000 policiers et gendarmes sous les ordres du délégué en zone nord de René Bousquet, gérant de la Rafle et des déportations.


Les familles avec enfants sont dirigées vers le Vélodrome d’Hiver, en bus, à pied. C’est jusqu’au 22 juillet que ces familles sont transférées de la gare d’Austerlitz vers les camps d’internement de Pithiviers et Beaune-la-Rolande. À la mi-août, les mères seules sont déportées vers les camps d’extermination, afin de travailler ou d’être gazées. À ce moment, les enfants ne font pas encore l’objet de déportations vers les camps d’extermination. C’est au cours du mois de septembre que mes enfants sont déportés vers Auschwitz, afin d’être gazés.


1942, la France de Vichy

Marie Jelen, jeune enfant de 10 ans, et la fille d’un couple de tailleurs polonais, dont le magasin est immédiatement après les mesures prises contre le « statut des Juifs et des mesures d’aryanisations », cédé à un gérant allemand.
En l’absence du père, mère et fille sont emmenées comme plus de 8000 personnes, dont 4000 enfants, au Vel’d’Hiv le 16 juillet par la Police, alors sous l’autorité du gouvernement de Vichy.

Déportées au camp de Pithiviers le 19 juillet, ce sont dans des conditions difficiles de vie, d’épidémies de scarlatine et de varicelle qui frappent l’enfant, que mère est fille vivent 12 jours.
Estéra, la mère, à l’âge de 37 ans seulement, est une des 149 mères arrachées à leurs enfants et déportées à Auschwitz, avant de mourir rapidement dans des conditions de travail et de maltraitances insoutenables.
La question se pose, au vu des circonstances historiques, pour la petite Marie n’a pas été déportée avec sa mère? Avant mi-août 1942, les enfants de moins de 15 ans ne sont pas déportés. De plus, l’enfant souffrant de la scarlatine au moment de ce déportement, l’administration la déclare « non déportable ».

Toujours au camp de Pithiviers, Marie et les autres enfants alors orphelins vivent entourés d’infirmières, qui s’occupent tant bien que mal du rétablissement des enfants malades.
Elle écrit au cours de son séjour de déportation, 7 lettres à son père, alors
transféré en camp forcé comme ouvrier agricole en Ardenne à FRENOIS. Dans chacune de ces lettres, on remarque que Marie ne s’inquiète pas, et ne souffre pas du décès de sa mère. La raison est administrative. Les autorités font en effet croire que les déportés sont envoyés vers l’Est, lieu où seraient aux finals réunis les familles.

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